Affaires des "Niktamères", condamnation des deux gendarmes (AFP)

Deux gendarmes de la
Réunion ont été condamnés mardi par le tribunal correctionnel de Saint-Denis à 1.000 euros d’amende pour avoir affiché dans les locaux de leur brigade des imprimés racistes comparant les jeunes maghrébins à des "animaux" dont la "prolifération est dangereuse".
Les deux gendarmes avaient placardé sur un panneau de service de la brigade de Bras-Panon (est de l’île) deux affichettes dressant le portrait des jeunes maghrébins qualifiés de "niktamère".
"Le niktamère fait l’objet d’une interdiction de chasse d’où un risque de
prolifération dangereux pour l’équilibre de notre système judéo-chrétien", pouvait-on notamment lire sur l’une d’elles, en guise de légende d’un dessin montrant un jeune en survêtement et basket.
Après la révélation de l’affaire par le Journal de l’île de la Réunion, le
préfet Michel Lalande avait suspendu les deux gendarmes, dont l’un dirigeait la brigade, se déclarant "consterné et indigné".
Poursuivis pour incitation à la discrimination raciale, les deux gendarmes âgés de 41 et 51 ans et ayant entre 20 et 30 années de service ont reconnu à l’audience avoir fait une "grosse bêtise" en placardant ces deux affichettes trouvées "sur internet".
Ils ont affirmé les avoir lues "en diagonale" et n’avoir retenu que le
"côté caricatural et humoristique" du dessin, regrettant "d’avoir pu offenser des personnes".
"Comment peut-on afficher un document sans le lire ? Il n’y a pas une
phrase qui n’est pas une injure", a déclaré le vice-procureur Dominique Auter qui a requis une amende de 1.000 à 1.500 euros.
"Votre première sanction c’est d’être ici", a-t-il ajouté, demandant au
tribunal de ne pas les "écraser". Comme l’avait demandé l’avocat des deux gendarmes, Me Michel Lagourgue, leur condamnation n’a pas été inscrite à leur casier judiciaire.