Une étude de l’INSEE sur les discriminations à l’embauche des enfants d’immigrés maghrébins(AFP)

Les Français ayant au moins un parent immigré
originaire du Maghreb ont des taux d’emploi inférieurs de 18 points et des salaires 13% moins importants de ceux dont les deux parents sont français de naissance, selon une étude de l’Insee publiée jeudi.
En ce qui concerne les taux d’emploi, les caractéristiques propres de
chacun des deux groupes (âge, niveau d’étude, sexe, etc.), n’expliquent que très partiellement ces différences, selon les auteurs de l’étude parue dans la revue Economie et statistique.
S’ils appellent à la "prudence", cela pourrait, selon eux, s’expliquer par
une discrimination à l’embauche : "Les résultats montrent que le fait que cette population soit, entre autres, plus jeune et moins diplômée en moyenne, ne rend compte que de 4 des 18 points d’écart de taux d’emploi".
"En revanche", reprennent-ils, ces mêmes différences de caractéristiques "expliquent totalement les écarts de salaires entre les deux groupes". Ce qui signifie qu’une fois embauchés, il y a peu ou pas de discrimination au salaire touchant les enfants d’immigrés par rapport aux enfants dont les deux parents sont nés français.
Une seconde étude de l’Insee dans Economie et Statistique, relativise
l’existence de discriminations salariales touchant les jeunes de Zones
urbaines sensibles (Zus), mais accrédite l’existence de discriminations à
l’embauche.
Les résultats de l’étude "ne permettent pas de valider l’existence d’une forte discrimination salariale" au détriment des habitants des Zus, concluent les auteurs.
Selon eux, les rémunérations de ces jeunes, en moyenne de 13% inférieures aux jeunes habitant les mêmes villes mais hors des Zus, s’expliquent seulement par "de fortes inégalités en amont du marché du travail".
D’après Pascale Petit, auteur d’un commentaire des deux études, il y a
trois facteurs explicatifs : "la distance physique aux emplois, plus grande
quand on réside en Zus", un capital de relations moindre lorsque l’on habite dans une zone où le taux de chômage local est élevé, et "l’anticipation d’une discrimination réelle ou supposée".
"L’existence d’une discrimination à l’embauche liée à l’origine et à la
réputation du lieu de résidence peut aussi affecter l’accès" à un travail
note-t-elle, s’appuyant ici sur plusieurs travaux parus en 2010.