L’islamophobie au service du terrorisme

, par  Collectif "L’égalité d’abord !" , popularité : 16%

En 2011, animé par sa haine des musulmans, le Norvégien Anders Behring Breivik tuait 77 innocents, pour la plupart, des adolescents. « Le 22 juillet [jour du massacre] n’est qu’une contribution à la lutte anti-islam. Rien de plus. L’amour de mon peuple, de mon pays, dema culture prévaut sur l’amour que j’ai de moi-même », s’était justifié le terroriste dans un manifeste. Breivik prônait « la déportation de tous les musulmans hors d’Europe à l’horizon 2083 pour préserver les fondements de la civilisation chrétienne ».

Condamné à une peine de vingt et un ans de détention, qu’il purge à la prison de Skien, Breivik a peut-être soupiré d’aise en se découvrant un digne héritier. Le 15mars 2019,BrentonT. a froidement assassiné 50 musulmans dans deux mosquée de Christchurch, en Nouvelle -Zélande, puisant son énergie mortifère chez les islamophobes les plus haineux : son« chevalier justicier Breivik » d’abord, mais aussi les identitaires français. Lesquels déclarent sur la Toile en toute impunité :« Au concept de “France des lumières”, nous opposons celui de la terre et des morts de Barrès. [...]
Attachés à la défense de nos identités, nous refusons fermement non seulement l’islamisation de notre société mais également l’immigration extra-européenne [...] Ne vous méprenez pas : ce texte n’est pas un simple manifeste, c’est une déclaration de guerre. »

Le 15 mars 2019 est donc la part de « contribution » macabre de BrentonT. à la lutte anti-islam.
Et il peut s’enorgueillir d’être l’auteur du plus grand attentat commis contre des musulmans dans un pays occidental – qui en compte à peine 1 %. Qu’on l’admette ou non, l’islamophobie est une idéologie porteuse, d’un point de vue électoraliste. On amalgame tout et on surfe sur les peurs, lesquelles rapportent gros en temps de crises économique et sociale. Rendus responsables de tous les maux, les musulmans sont montrés du doigt, en particulier par une certaine classe politico-
médiatique à la parole libérée. Cette dernière porte une part de responsabilité dans la banalisation d’une stigmatisation qui transforme le musulman en ennemi, qui le déshumanise.

Dans une Europe en proie à la montée des nationalismes et des fascismes, il est urgent de désamorcer les logiques de guerre de religion et de choc des civilisations que les marchands de terreur veulent nous vendre. Sortons de la léthargie face à cette haine de l’autre qui gangrène nos sociétés et finit par tuer. Il y va de notre humanité de déclarer la guerre à la haine pour coexister au-delà de nos différences.

Kamel Meziti
Historien, spécialiste de l’islam,
Auteur du Dictionnaire de l’islamophobie
Texte paru dans Jeune Afrique reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur

Brèves Toutes les brèves

  • On a beau faire

    On a beau faire pour cacher son ADN.
    On a beau dire qu’on a changé.
    Néanmoins l’ADN du RN reste (...)

  • Sacré Nadine

    Bien sur , il n’y a rien de juridiquement condamnable dans les propos de Nadine Morano, sur la (...)

  • L’oiseau noir

    Démantellement d’un groupe dit d’ "ultra droite" qui projettait d’attaquer des "cibles " juives et (...)

  • Mamadou

    Une pâtisserie qui retire de la vente une variante de la trop célèbre "tête de nègre". Il présente (...)